Effeuillage

A la recherche du temps venu !

27 décembre 2009

Transcendance

Alice court lentement depuis cinq-cent mètres. Elle est tellement en retard qu'elle a oublié pour quoi était ce retard. Elle voit un immeuble haut et blanc. C'est on objectif, elle veut s'en rapprocher le plus possible. Elle continue de trotter en tordant ses chevilles à cause de ses talons. Elle déteste ces chaussures, mais elle déteste qu'on l'embête au travail avec sa tenue. Elle s'est conformée et les ennuis ont cessés. Mais qu'elle est loin cette tour et qu'elles sont enviables ces bonnes vieilles baskets restées à la maison !

Alice n'est plus très loin à présent. Elle passe devant une boulangerie qui embaume une partie de la rue d'un fumet chaleureux, suave... Elle voudrait être en train de marcher calmement pour aller, sereine, y acheter une chocolatine. Ce mot aussi est non-conforme à son travail, ici ils disent « pain au chocolat ». Mais pour Alice c'est important « chocolatine ». Ça vient du sud, ça vient de chez elle, de sa famille. Sa famille est dispersée aujourd'hui, il n'y a plus ce foyer comme avant où on allait tous dîner si souvent... mais les chocolatines existent toujours alors accrochons nous !

Hubert est de mauvaise humeur, c'est à dire pas vraiment d'humeur à écouter les excuses d'Alice. Oui vous êtes en retard mademoiselle, très en retard, et débraillée avec cela, alors faites profil bas ! Elle l'entend penser depuis des kilomètres mais il le lui a dit tout fort quand même.

Alice rejoints son poste et y retrouve un PC aussi austère que son tailleur. Il y a beaucoup de gris dans cette entreprise. Alice croyait qu'en apprenant les langues elle s'ouvrirait aux voyages, aux rencontres diverses, à la vie ! Elle a été naïve. Elle était malgré tout soulagée d'obtenir ce poste, un loyer, des courses, ça se paie... Et ce travail paie bien aussi. Les chocolatines sont oubliées, tout comme les baskets confortables et les couettes douilletes. La, nous parlons dossiers, projet, responsable, délai. Au moins pour huit heures. Huit petites heures et...

Alice fait laisse tomber sa veste sur le dossier de sa chaise. Elle lance un chronomètre dans sa tête et quand elle arrive approximativement dans les trois minutes trente, son collègue Lionel fait une remarque sur son décolleté. Il repars content de lui avoir décroché un sourire alors qu'elle se moque de lui plus qu'elle ne lui souris. Les hommes sont prévisibles.

Sabrina passe devant son bureau et lui sourit un « courage, ça va aller » qui fait sourire un « et oui, il faut bien » à Alice. Il est dix heures quarante-huit à présent et tout un chacun dans cet étage songe déjà à rentrer à la maison.

Alice se lève pour apporter des documents aux types de la gestion. Enfin, aux « types », il y a aussi une nana dans le lot. Comme prévu, elle porte des lunettes aux montures suffisamment épaisses pour que le logo de la marque soit gravé dessus. Une grande marque avec un gros logo. Elle est mince, mais avec une culotte de cheval. Elle a les cheveux coupés courts, au carré. Elle tape vite sur le clavier, ne boit que des expresso et parle soit du travail, soit de son week-end chez ses parents.

Justine est justement devant la machine à café quand elles se croisent. La jeune femme demande à nouveau à Alice pourquoi cette dernière ne fais pas travailler le coursier, avec ce qu'il coûte. Alice explique à nouveau qu'elle aime marcher pour faire une coupure dans son travail. Justine ne comprend une fois de plus qu'on puisse manquer à ce point là de logique, soupire, secoue la tête pour effacer les informations étranges qu'Alice vient d'y entrer : Tchik-tchac-tchic-tchac, comme les  ardoises magiques.

Alice se souvient de l'époque où elle jouait avec cette ardoise. Non, en fait, c'était plutôt un écran... elle n'arrivait jamais à faire de très beaux dessins avec, mais aimait bien tout effacer en secouant ce drôle de boîtier dans un bruit de frottement sec.

Alice passe devant des fenêtres qui donnent sur les fenêtres d'en face. Elle tourne à droite, dépose le dossier puis fais demi-tour. Pourtant elle regarde à nouveau par ces fenêtres sans surprise. Il y a une tache. Elle s'approche de la vitre et l'observe. Non, c'est quelque chose qui est dehors, loin. Elle se colle contre la vitre et vois la tache colorée se multiplier diviser comme une cellule dans les vidéos pédagogiques des cours de biologie. Des Alice vois le paysage se moucheter de jaune, de bleu, de violet, de rouge, de vert, de beaucoup de couleurs et de nuances, mais toujours vives. Mais qu'est-ce que c'est ?

Justin sait que c'est mieux ainsi. Il rince à nouveau son pinceau dans un pot différent pour finalement le secouer d'un geste souple au dessus de sa sculpture. Le directeur de la galerie aime beaucoup Justin et prendra cette œuvre sans rechigner mais aussi sans savoir. Justin viens par son geste de bouleverser un monde qui vivait dans son esprit mais qui tentait pourtant de se matérialiser entre ses mains agiles; puisque Alice était fatiguée du gris...

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26 décembre 2009

En un acte

Dans le calme, je jette un oeil indiscret. La salle est vide. Je ne sais plus ce que je fais devant elle. Je tourne en rond, je me tourne les pouces, je retourne dans ma tête chaque tournure de chaque action qui se tournera bientôt ici quit à me faire tourner en bourrique car le temps tourne ! C'est de plus en plus clair ! C'est ici et très bientôt que vont arriver des dizaines de personnes pour me regarder ! Elles ne viennent que pour et je le sais ! C'est moi la vedette ce soir ! Je ne peux pas les décevoirs. Je sais que j'en suis capable et c'est bien cela qui me fait peur. J'ai envie de fuir ! Une équipe télévisée est prévue... On m'a prévenu au dernier moment évidemment... Le film aura une fonction pédagogique m'as-t-on dit. Dans quels cours le diffusera-t-on ? Ceux d'éducation civique, pour meubler ? Ceux d'histoire, pour illustrer de manière ludique ? Ceux de littérature, pour diversifier les supports ?

Il y a encore quelques minutes je n'y croyais plus. Ça me semblait tellement loin que cela ce pouvait que s'annuler : c'était irréel !

18h53... dans 7 minutes le public installé réclamera son spectable, silencieusement, incidieusement. Plusieurs personnes sont déjà arrivées et patientent assises : je les entends discuter. Les habitués parlent de manière pédante à ceux venus pour la première fois. Il y a peu d'enfants, les rares bambins se tiennent bien. L'intimidation les assagit. Le lieu est impressionant, je le reconnais. On n'est pas obligé de le trouver beau mais il fait figure d'autorité.

Mes camarades me lancent des regards pleins de soutien. Je suis le premier d'entre nous à paraître. Leur tour viendra mais présentement, je suis sous tous les regards. On m'accompagne jusqu'à le scène. Désormais c'est le publique qui a les yeux rivés sur moi. Les enfants chuchotent, ont l'air interrogateur.

Un petit homme au teint cireux mouille une éponge, la fait mollement monter jusqu'à mon crâne où il l'a pose, se recule. Un vieux beau que j'ai souvent croisé dans le couloir me regarde une dernière fois en restant impassible. Comment fais-t-il ? Pour ma part je suis secoué de toute part par l'émotion. Il actionne le levier.

Un choc !

Heure du décès : 19h01.

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22 août 2009

Autofiction fantasmagorique trash et cynique (d'après une commande de Margaux Combe, du blog Aphrodisiaquement Votre)

Le mode automatique est enclenché. Six heures que je suis debout devant cette caisse enregistreuse ! Le « MIP » répétitif, je ne l'entends plus; je m'inquiète lorsqu'il est absent. Fonce en rayon, ou vers ma cheftaine, trouve le prix, cherche le code de « famille » de l'article, et l'enregistre. Ce sont des coupures aussi agaçantes pour le client qu'elles sont divertissantes pour moi. C'est vous dire si je m'amuse...

La, ça fait 3 heures que tout se déroule sans accroc et ma personne commence à s'effacer au profit de la caisse. Les clients n'ont pas l'air de se rendre compte de se qui s'est opéré chez moi. Je suis aliénée et ils en sont pleinement satisfaits. Je suis rapide, je connais instinctivement l'emplacement du code barre de chaque produit, j'enregistre les produits sans code dans une série de claquements en rafale qui font un bruit de mitraillette. Oui, je mitraille, je mitraille. De l'autre côté de la caisse les articles s'entassent en montagne de déchéance consommatrice. Je vomis tous ces « gâteaux » au sirop de glucose et à l'E-je-ne-sais-quoi, ces sodas à l'asparthame, dont ils gavent leurs gosses, leur promettant surpoids, diabète et tumeurs. Mon amour de l'être humain fond devant les magasines « people » qui insultent les bombas latinas, les trainant dans la boue peuplée et joyeuse des « boudins », zooment sur les sexes ou seins impudiques et glorifient leurs articles délicieusement nécrophiles sur le roi de la pop. Je désespère en voyant des enfants se régaler de la lecture des romans inspirée d'une comédie musicale de Disney, les mêmes qui vont faire claquer 12 euros à leur parents pour un album à autocollants de chevaux à paillettes ou de footballeurs mal photographiés. Mais qu'importe... Je remplis ma mission, je mitraille ! Les fonctions censées être plus humaines, je les simule, très aisément et inconsciemment, veuillez m'en excuser. Il y a le bonjour, le premier sourire, la demande de la carte fidélité, le sourire à nouveau, le mode de paiement, le sourire, l'au revoir dans le vide car ils sont déjà partis, souvent en jetant leur ticket froissé et souillé au fond de ma caisse de plus en plus sale; puis le sourire et le bonjour suivant que je répéterai faute d'être entendue. La preuve de l'automatisme ? Il m'arrive d'inverser les emplacements de tous ces micro-rituels. Je dis « avez-vous votre carte de fidélité » au lieu « bonjour » et « voici votre ticket » quand ma main est vide. Le client concerné me regarde d'abord perplexe, puis je ris en tortillant une de mes mèches blondes et il n'insiste pas. Je mitraille vos articles, je mitraille vos comportements, je mitraille cette politesse de façade face à des gens que je méconnais au mieux ou méprise au pire.

Autour de moi, les gens s'entassent les uns contre les autres, se bousculent, et pourtant s'ignorent royalement comme ils m'ignorent mais sans oublier de me réclamer sacs, renseignements et remboursement. J'ai au moins cet honneur la de lui être utile, à cette bête qu'est la masse ! C'est la seule fierté que j'ai, qui me supériorise. Au fond, ce sont plus mes esclaves que mes clients. Ce sont les clients du PDG pour qui les bénéfices réalisés se traduisent en des choses concrètes; pour moi, des esclaves. Je suis payée pour encaisser les articles qu'ils doivent s'empresser d'entasser sur mon autel : ils le font avec empressement et ferveur ! Je suis en droit de les dépouiller de leurs dernières pièces de monnaie, d'agrandir leur découvert, de leur réclamer une pièce d'identité ! Ils sont miens vous dis-je ! Et je me régale de ma supériorité; je l'ai assimilée et ainsi j'accomplis ma tâche en pensant à mon chèque de fin du mois. Ah oui, je n'ai jamais prétendu n'être l'esclave de personne... Mais toute cette situation acrobatique reste pour moi routine et j'ai encore deux heures à tirer et je m'y engouffre insouciante.

Les bruits parasites auxquels je suis habituée changent de ton soudain. Ils s'effacent, se dissipent. Un seul parvient à mes oreilles. La gauche particulièrement...

Aigüe. Ma cigüe est aigüe et je la boirai jusqu'à la faim ! J'ai faim ! Je vais le bouffer!  Ce gosse ! C'est un enfant blond et joufflu jusqu'à l'écœurement qui crie à plein poumons de la voie la plus aigüe que j'ai jamais entendue. Le pointu et l'ultra sonorité de son cri irréfléchis a défoncé les barrière et explosé les verrous que mon cerveau s'était installé pour supporter mon activité. Il a tout fait sauter ! Je vais le dévorer !

Face à moi des yeux écarquillés m'observent, je ne contrôle plus les expressions de mon visage, ou plutôt, Moi a repris le contrôle de mon Corps. Un rictus tente, dans les limites de l'élasticité de mon visage, d'exprimer les kilo-tonnes de haine et de frustration qui envahirent ma journée jusqu'ici. J'ai reçu tant de négativité en devant exprimer tant de positivité et de patience que l'équilibre a fini par se délabrer complètement ! En s'écroulant il renverse tout ce qui a été patiemment construit; l'objectif était de contenir mon esprit pour satisfaire le besoin terre à terre de gagner un salaire. Il a été atteint, mais peut-être le travail a-t-il été bâclé, car une secousse vient de tout ébranler !

 

Dressée, une escalade m'ayant offert ma caisse comme podium, je regarde autour de moi. Face à un tel spectacle j'attends les chevaux de l'apocalypse mais ils ne viennent pas. Je vais leur mâcher le travail à ces retardataires ! Des estivants débarquent dans le magasin, revenant de la plage, en maillot de bain, le porte-flouze dans le slip, à torse-poil. Une employée leur crie « Messieurs ! Un T-shirt s'il-vous-plait ! » et je réalise alors qu'ils m'indiquent la Voix ! Il y a sur ma poitrine un logo qui me souille. Je retire brutalement le T-shirt siglé qui me vêtit, il me décoiffe au passage. Rageuse, je bondit de la caisse directement sur les épaules d'un gros lard qui venait de poser son pack de Kronembourg sur le tapis. A se nourrir des calories vides de la bière et de sauciflard, cet abject bonhomme s'il a l'apparence massive, n'a pas la musculature nécessaire à me porter. Il souffle et halète. Je resserre mes cuisses puissantes autour de son cou et lui ordonne d'avancer. Autour, des bonnes femmes hurlent, des enfants sont consternés, d'autres me regardent amusés ou pétrifiés. Ma cheftaine me regarde, incrédule, yeux et bouche béants. Je lui souris et l'invite à me rejoindre. Elle me conjure de laisser le pauvre monsieur tranquille et de ma rhabiller. Quoi ? Je ne suis pas assez bonne pour elle ? C'est quoi ce bordel ? « Clac » C'est l'agrafe de mon soutien-gorge que je fais sauter. Mes seins rebondissent deux ou trois fois, joyeux de cette liberté retrouvée, puis pointent chacun d'un côté pour mieux embrasser la salle de leur regard. Je fais sauter mes chaussures hors de mes pieds et les poignées d'amour de ma victime servent d'étriers. « Huuue ! Avance pauvre larve ! », que je crie ! Il me débecte au fur et à mesure qu'il s'essouffle. Autour des clients en interpellent d'autres, les invitant à admirer le spectacle. Une caissière a pété les plombs ! Venez tous !

J'ai toujours faim, l'action et la réflexion m'affament ! Je croque. J'entends un hurlement mais il est étranger. Je me régale de la chair qui se détend sous mes dents en fermant les yeux. Je dévore ma monture. Peut-être mon goût pour la boucherie chevaline qui s'affirme ? Pas de chevaux à proximité, je choisis l'anthropophagie. C'est délicieux... Cru et tendre... Les cris se multiplient pour alimenter ma joie et décupler ma faim ! Quelques coups de mâchoire plus tard, ma misérable monture s'affale. Je cours vers l'enfant qui cria et le porte à mon visage. Ses larmes viennent juste de sécher. Il me dévisage, perplexe. Il m'a réveillée, je l'épargnerai... mais je le garde sous mon bras pour qu'il assiste à tout. Il doit connaître les conséquences de ses actes. Je cours droit devant moi et sens les pans de mon jean me gêner. Arrivé dans un rayon garni de nourriture et de ménagères concentrées, je l'ôte et ma culotte descend avec. Les ménagères se déconcentrent mentalement comme physiquement. Un halo d'espace vital se créé autour de moi. J'essuie du poignet le sang aux commissures de mes lèvres. Il est salé et a un léger goût métallique. Je suis plutôt adepte du sucré... Ces porcs aiment les produits du super-marché ? Ils vont fusionner avec ! Les confitures me tendent les bras. Je saisis des pots, laissant tomber l'enfant qui ne demande plus qu'à me suivre tant il est fasciné. J'en ouvre un et le goûte sur ma propre peau.

 

Une jeune femme d'une vingtaine d'année est figée face à moi. Ses courbes dessinent l'amour. Elles m'appellent et me domptent. Je fixe son regard effrayé et en quelques mots lui signifie qu'elle me plait. Je veux tout d'elle. Je veux sa peau, sa chair et ses muqueuses ! Sentir ses muscles et ses nerfs s'exciter, son squelette la cambrer ! Je l'ai approchée et la confiture coule désormais le long de sa colonne vertébrale. Doucement, je glisse mes doigts sous son débardeur et le soulève lentement; sa tête passe, ses bras résistent. Je lui susurre de douces promesse à l'oreille afin de vaincre cette raideur. Elle n'a pas l'air de saisir ce qui lui arrive, partagée entre la surprise et l'excitation. Mission accomplie, je fait claquer sa propre agrafe et ferme les yeux pour me diriger directement vers on dos. Une courbe parfaite dégoulinant de fruits saturés de sucre ! Le pointe de ma langue touche le haut de ses fesses, juste au dessus de la raie tentante. Je remonte, la nettoie de la nourriture qui l'agrémente. Mes mains sur sa taille, puis ses hanches, accompagnent mon ample geste pour lécher de haut en bas ce dos délicieux . Arrivée à la nuque, je remarque une petit cicatrice au niveau de l'omoplate gauche. Je croque la peau à cet endroit et sens la femme devenue fébrile frémir dans mes bras. C'est à ce moment là qu'elle s'évanouit. Non ! Pas maintenant ! Je te promets de ne pas te dévorer, je me conterai de goûter ta peau qui suintante de rosée étonnamment odorante et délicieuse. C'est dans cette position de désespoir qu'on me ceintura. Deux bras puissants me serraient en bloquant les miens. Quel dominateur acharné pouvait ainsi s'en prendre à moi alors je savourais tant de corps ? Un éclair blond dans le coin de mon regard : l'enfant a couru se blottir dans les jambes d'un des pompiers présents. Un sourire en coin, j'explique à ces beaux gosses qu'il faudra quelque chose de plus consistant que leur jet d'eau froide pour me calmer ! Ils n'ont pas eu l'air d'apprécier la blague sur le coup car je vois s'en pouvoir me défaire de ce mouvement solidaire le magasin défiler sous mes yeux. Je suis joyeuse, et entourée d'employés et de client effrayés. Près de la sortie, un corps lourd et ensanglanté traine au sol. Des parents en pleures tendant les bras à leur petit porcelet blond. Moi je me régale. Je suis encore excitée la jeune fille que je sais évanouie tout près de moi, emmenée par les collègues de mon bourreau. Je renifle l'odeur du sang et aimerait bien un nouveau coup de dent punitif sur mon tas de viande chéri qui gémit dans sa flaque.

 

Je serai emmenée, attachée, abrutie. J'ai bien essayé de leur cracher leurs médicaments à la figure mais ils sont alors passé aux injections. Le médecin à bord n'a pas l'air très content... C'est qu'il y a en a eu du beau monde pour me recevoir ! Un camion des pompiers, deux du SAMU, une voiture ainsi qu'un fourgon de police. Il paraît que les journaux locaux se sont bien amusés. Il parait qu'un ou deux intellectuels juifs qui s'ennuyaient on cagué un papier indigeste faisant référence à mai 68 et son festival de soutif' brûlés ainsi qu'à Hannibal Lecter. Tout ça pour moi ! Il n'y a vraiment que ces types là pour chercher des repères partout. Toujours besoin de se rassurer et de voir du beau dans le dégueulasse et du dégueulasse dans le beau. C'est comme ça qu'ils gagnent leur vie les intellos. Ils n'ont rien d 'autre à faire que de parler beaucoup pour dire ce que personne n'a envie d'entendre, mais sans oser faire ce qui devrait être fait pour que leur auditoire ne soit plus choqué par le moindre changement ou phénomène inhabituel. La masse aime la continuité, pas l'évolution et encore moins la révolution. Il faut la lui pré-mâcher et la lui faire intégrer lentement par petites doses. Le résultat, on s'en doute, c'est ce que nous obtenons depuis toujours : des excréments. J'ai voulu bouffer et faire déguster une masse de citoyens lambdas, et ils n'ont pas aimé ça. Je ne suis pas surprise. Cependant, en repensant à toute la joie ressentie, à ces émotions à fleur de peau au troisième degré... je me sens bien.

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26 mars 2009

Voyage ! Voyage !

Je voudrais me choper un sac à dos et partir en stop...Arrivée sur la côte j'entendrais une corne de brume qui ne serait pas en fait juste l'intro de « Night Boat To Cairo » des Madness... Alors je vais sauter sur le dos d'un cétacé et doubler le bateau. Arrivée sur une île je la visiterai jusqu'à ce que l'explosion de son volcan me propulse pour que je finisse ma chute dans un arbre de la forêt amazonienne. La je sympathiserai avec le marsupilami et on sautera à pied joinds jusqu'à Brasilia où il me laissera avec quelques piranhas pour le goûter ! Je fais une grande distribution de capotes dans un bidon ville et dans une décharge je trouve les restes de la vieille 4L de mon père. Sa légendaire 4L peinte en motif araignée-géante-dragons qui lui a fait faire le tour de la France en me semant de probables demi-frères et demi-soeurs un peu partout. Ma marraine descend de l'étoile du shopping, me fait changer de chaussures et d'un coup de baguette magique, le moteur tourne à nouveau ! Je ne dirai pas qu'elle ronronne mais ses quintes de toux font sont charmes. Le volant, il est stoqué comme une relique dans un placard chez les vieux de mon vieux alors j'en pique un sur un monster truck qui a connu des jours plus glorieux et je pars avec. Evidemment avec ce volant je ne vois rien alors je me retrouve dans les montagnes du Chili et je n'arrive plus à respirer. Un lama me secours et m'emène plus bas. On boit un coup, on discutte, il a le goût du risque lui aussi. Alors tantôt moi sur son dos, tantôt l'inverse, nous courons jusqu'au Mexique et ensemble nous franchissons la frontière avec Texas sous les coups de fusil des good American citizens. Et là, bon sang de vache espagnole, j'avais pas bien serré le frein à main ! La 4L déboule à toute vitesse après sa descente radicale et fait un strike avec les tireurs. C'est donc une nuée de mexicains, un lama chilien d'origine péruvienne (je vous avait bien dis qu'on avait discutté) et une européenne éméchée (et qu'on avait bu un coup) qui franchissent la frontière de tous les dangers sous les objectifs énervés de CNN. Mon entrée n'a pas plue alors je kidnappe ma correspondante Katy et son père pour qu'ils ns guident, 4L, Lama et moi, jusqu'au Canada. Mais bon le père de Katy est cuistot alors on a passé plus de temps à cueillir des champignons et voler du bétail qu'à se concentrer sur le chemin, du coup nous sommes au Groenland. Ca veut dire « pays vert » mais ce nom lui a été donné y a vachement longtemps on dirait parce que je me gèle les oeufs. Lama il sen fout il a un pelage. En plus on n'a plus rien à bouffer alors on fait rôtir Lama et nous servons de sa peau et de ses poils laineux pour nous faire des vêtements. Le démentellement de la banquise c'est pas qu'à la TV, on se retrouve à voguer en merc arctique, sur un radeau de glace. En passant sur le pôle on plante le drapeau arc-en-ciel de la gay-pride histoire de couper court aux disputtes puériles entre russes et américains. Les russes justement on finit par les rejoindre, l'océan atlantique n'est pas si large quand on passe par les pôles. Nous sommes bien heureux d'avoir sacrifié Lama parce que la Sibérie, c'est dur! Heureusement nous trouvons un village. C'est très isolés mais Katy et son père s'y sentent bien. Je repars direction Sud. En passant dans un ancien goulag j'entends une voix familière. C'est Jean-François ! A force de dire des méchancetés sur les communistes et feu Staline des fanatiques nostalgiques lui ont créé des ennuis. Je brise ses chaines grace à la machoire de Lama que j'avais gardée de côté bien qu'elle ai un peu senti mauvais au début. De toute façon, après 3 semaines passées dans ce goulag, il sait que son année de prépa est irratrapable alors il se joind à moi. L'Asie diu Sud Est c'est pauvre et très joli, ou bien très riche et très laid, ça dépend des régions. Y a un orphelin avec une seule jambe qui nous suit comme un petit chien. On a encore faim mais il est mignon alors on l'épargne. Finalement à Singapour je retrouve mon grand cousin Bertrand qui est en train de signer un contrat. Cette ville semble s'étendre à la verticale, ça me donne la nausée, j'insiste donc pour partir. Il nous emmène avec lui dans l'avion mais comme il n'a pu obtenir qu'un seul billet supplémentaire je me cache dans une valise enregistrée au nom de Jean-François. Le co-pilote est un peu stressé et il a accidentellement ouvert la soute à bagages au décollage. Je flotte donc dans l'océan indien et la valise commence à se remplir d'eau. Heureusement, un requin la prend pour du miam-miam (en même temps ils bouffent n'importe quoi ces requins) et croque ma prison. Ouf ! Je respire! Je fais ma Lara Croft, un coup de pied fouetté sur le pif de Requin et il se barre. Mes jambes sont certes appétissantes mais dans cette histoire c'est moi quii bouffe les autres ! Non mais ! Naviguant, je passe devant l'Inde sans l'atteindre et c'est rageant. J'arrive à Madagascar. Comme mes vêtements en peau de lama sont un peu abîmés par tout ce périple je me retouve un sein à l'air ( le gauche), un bonnet en peau de fesse à poils laineux sur la tête. Les gens sont un peu énervés en ce moment à Madagascar (ne me demandez pas les détails, après tout ce voyage je ne susi pas très au courant de l'actualité), ainsi me retrouvé-je vue comme un message et une émeute commence. Un grand costeau me soulève et me fiat monter sur le toit d'un camion qui mène une manifestation. Sur la photo prise par un type de RSF et qui fera le tour du monde on dirait qu'il fait froid à cause du téton qui pointe mais en fait non, c'est juste que le grand costeau en profite pour me caresser les jambons. La révolution terminée, je signe un contrat avec Holliwood pour le film de ma vie « Moi, la nouvelle Marianne des peuples opprimés ». Mon photographe a gagné beaucoup d'argent sur mon dos alors il me rapatrie, mais en Italie. Il me présente à sa mère, déjà je le sens mal. Je me fais offrir des pâtes à la bolo' et de bonnes glaces et ceci fait, me rend en pélerinage sur touts les endroits de Florence ou Hannibal est passé dans le film éponyme. Ca effraie un peu Monsieur-RSF qui me laisse enfin jouir des plaisirs italiens en toute quiétude. Mais tout cela semble bien me ramener à la case départ donc je fais tourner un globe terrestre dans une boutique, tombe sur Australie. J'ai pas gagné au loto, moi, ma pauvre Lucette, alors tortillant du popotin, je séduis un entrepreneur d'agence de voyage, l'assomme par surprise avec ses mêmes fesses et lui vole des billets d'avion et des réservations d'hotel pas à mon nom. Je lui prend aussi un bout de dos pour mon casse-croute du voyage : c'est la meilleurs viande, le dos, très ferme et tendre à la fois! Dans l'avions je regarde le film sus-cité qui est déjà sorti et un gus me reconnaît dans l'avion. Il veut que je pose à côté de lui, un sein à l'air, pendant que son fils joue du polaroïde. Je dédicace et puis on arrive tranquillement à l'aéroport. Oui, je sais, vous êtes déçus, mais cette fois ci, craignant de déclencher à nouveau une émeute, j'ai sorti le téton droit qui est moins sexy. Par contre, je n'ai aps réussi à gruger les hôtels. Voilà pourquoi, les enfants, je finirai ma vie sur une côte Australienne, vendant des coktails sur la plage parce que les américains m'ont bien escroquée avec les droits pour ce film... N'empêche j'adore le surf... Enfin, jusqu'à ce que je me fasse enlever par un All Black...

Epilogue : l'orphelin unijambiste du d'Asie du Sud Est s'était caché dans l'attaché case de Bertrand (ils sont très maigres ces gens là) et arrivé en France a été adopté par Brigitte Bardot qui n'a pas pu en croire ses oreilles, de cette histoire de tueuse de Lama qui l'avait mené jusqu'ici.

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