Effeuillage

A la recherche du temps venu !

30 septembre 2009

Grande vitesse

Dans ce TGV. Je ne suis nullement impressionée par la vitesse. Toute ma sensibilité s'exarcerbe en la contemplation de la calme et solide présence stoïque des éléments du payage. Ceux de la nature semblent défier ceux des hommes : "Combien de temps tiendras-tu ? ". Qui résistera le mieux aux vents ? Ils sont là parce que Gaïa les a voulus, les autres parce qu'elle les a tolérés.

 

En arrivant à Paris mon coeur se crispe et mes poumons cessent.  Le naturel s'est inversé. La nature est soumise. C'est probablement une vengeance... Cruauté ! Je veux partir d'ici et retrouver l'Homme aussi éphémère qu'il doit être et la Terre autonome et contemplative.

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10 août 2009

Eaux

Je ne vois plus l'horizon; une étendue de bleus qui se partagent le tableau me fait douter. Se disputent-ils l'espace ou connaissent-ils chacun leur place ? Plus je ressens ce paysage, plus il me paraît irréel. Est-ce possible tant de sensations ? Mon corps en partie immergée dans l'eau salée, une légère houle me chatouille du ventre à la poitrine. Sur mes cheveux puis mon nez un goutte à goutte m'intrigue. Il s'agit de la pluie douce et chaude après cette journée d'été si longue, comment résister ? Je renverse ma tête en arrière, mes cheveux descendent en cascade le long de mon dos puis leurs pointes se mettent à danser à la surface de l'eau. Bouche ouverte, yeux fermés, mes papilles m'informent de chaque goutte taquinant ma langue. Intéressant  : j'ouvre les yeux ! Ça pique, je m'en délecte. Fraîcheur et pureté, meilleur que mes propres larmes. J'observe à nouveau le ciel et la mer en communion face à moi, comme s'ils s'enlaçaient l'un et l'autre. Mes larmes tentent alors de concourir, aussitôt rejointe par une lancée de sueur dans mon dos et mon visage. C'est le bien-être qui essaie de s'exprimer le plus possible. Ô plaisir ! Une sueur tiède et propre qui lave ma peau des poussières apportées par le vent. Elle se mêle à la mer porteuse de mon poids qui fond alors; je lévite dans l'eau, mes pieds ne touchent plus le sol. Les eaux en moi, les eaux de l'univers que j'habite, toutes, sortant, rentrant, glissant, pénétrant... me nourrissent, me lavent et me portent.

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